Enfants de Madagascar

Concrétiser les Droits de l’Enfant à Madagascar

Loin de son image de paradis tropical, Madagascar est un pays où la réalisation des droits de l’enfant reste lacunaire. Les enfants malgaches doivent quotidiennement faire face à la pauvreté et n’ont souvent pas accès à suffisamment de soins, de nourriture et d’éducation.


Sommaire

  1. Situation des enfants
  2. Où s’adresser ?
  3. Agir pour les enfants

Indice de Concrétisation des Droits de l’Enfant :
5.31/ 10
Niveau noir : Situation très grave.

Population : 21.9 millions
Pop. de 0 à 14 ans : 43,5 %

Espérance de vie : 61 ans
Mortalité des moins de 5 ans : 58 ‰

 

1. Situation des enfants

Principaux problèmes rencontrés par les enfants à Madagascar:

Pauvreté

A Madagascar, plus de la moitié de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. Le revenu national brut par habitant est de 420 dollars par an, ce qui fait de Madagascar l’un des douze pays les plus pauvres au monde.

On considère qu’environ 8,3 millions de Malgaches souffrent d’une pauvreté extrême, ce qui signifie que ces familles n’ont pas les moyens de nourrir correctement leurs enfants, ni d’avoir accès aux soins de base. La pauvreté est particulièrement flagrante en milieu rural, où vit près de 70 % de la population.

Travail des enfants

Une conséquence de cette pauvreté est que plus d’un enfant sur quatre est obligé de travailler pour aider sa famille à subvenir à ses besoins. Généralement, il s’agit d’aider les parents dans leurs travaux aux champs ou à la pêche. Le taux de chômage est très élevé à Madagascar, ce qui oblige certaines familles à compter sur les revenus des enfants pour survivre.

Exploitation sexuelle

A Madagascar, les jeunes filles qui doivent travailler sont particulièrement en danger, car l’exploitation sexuelle est usuelle, particulièrement dans les lieux touristiques. Un grand nombre de travailleuses du sexe sont mineures.

Il existe malheureusement un véritable trafic autour du tourisme sexuel à Madagascar, contre lequel le Gouvernement peine à prendre des mesures efficaces, malgré un plan national d’action lancé en 2008 pour lutter contre les abus envers les enfants.

Maltraitances

On constate chaque année plus de mille disparitions d’enfants dans la capitale de Madagascar, Antananarivo : majoritairement, les enfants quittent leur foyer en raison de maltraitances. Ils sont le plus souvent battus par des membres de leur famille. Les abus sexuels sont également très fréquents, mais rarement poursuivis en justice, à cause de la faiblesse du système judiciaire.

Droit à la santé

On déplore chaque jour la mort de neuf femmes suite à une grossesse ou un accouchement difficiles à Madagascar : dans ces conditions, la survie des enfants s’annonce particulièrement ardue…

La malaria ainsi que les maladies diarrhéiques sont fréquentes, et beaucoup d’enfants souffrent de malnutrition chronique (10 à 20% des enfants malgaches, selon les périodes). Même si la mortalité infantile a largement reculé ces dernières années par rapport à d’autres pays africains, le taux de 58 décès pour mille naissances reste élevé.

Il y a très peu d’infrastructures médicales dans les régions rurales de Madagascar, la plupart des habitants n’ont donc pas accès aux soins de base. Pour les enfants, cela signifie que la majorité d’entre eux ne sont pas vaccinés contre les maladies les plus graves, malgré les efforts entrepris par les ONG ces dernières années.

Pour les adolescents, la problématique des maladies sexuellement transmissibles (MST) est très importante à Madagascar, même si, paradoxalement, le nombre de personnes atteintes du SIDA y est particulièrement faible par rapport à d’autres pays africains. Des campagnes de prévention sont organisées à grande échelle chaque année afin d’inculquer aux jeunes Malgaches les bases de la protection contre les MST.

L’hygiène reste également problématique, dans un pays où l’on sait que 11 % de la population seulement bénéficie de conditions sanitaires correctes, et que seul un tiers des écoles primaires sont équipées de toilettes. En outre, l’accès à l’eau potable est également très restreint, ce qui entraîne de nombreux problèmes de santé.

Droit à l’éducation

Environ un quart des enfants ne sont pas scolarisés à Madagascar. Les progrès accomplis par le Gouvernement, qui s’est fixé pour objectif la scolarisation primaire de tous les enfants malgaches d’ici à 2015, ont été fortement ralentis par la crise politique de 2009. Aujourd’hui, seuls 60 % des enfants terminent leur cycle primaire.

Il manque cruellement d’infrastructures scolaires à Madagascar : nombre d’écoles sont dans un état très détérioré, ou même complètement détruites à la suite des ouragans qui font rage chaque année sur l’île. Dans certaines régions rurales, les écoles n’offrent que deux à trois ans de formation, faute de locaux adaptés et de personnel.

De gros investissements dans la construction de nouvelles classes et dans l’engagement de professeurs qualifiés seront nécessaires afin de pouvoir garantir le droit à l’éducation pour tous les enfants malgaches.

Mariage d’enfants

Près de 40 % des jeunes filles malgaches confient avoir été mariées avant l’âge de 18 ans. Dans certaines ethnies, les jeunes filles sont mises à la disposition d’un futur mari à l’âge de 13 ans : on les incite même à se marier avec un vazaha (un étranger blanc). A Madagascar, plus d’un quart des femmes donnent naissance pour la première fois entre l’âge de 15 et 19 ans. Il y a quelques années, l’âge minimum légal pour se marier était encore fixé à 14 ans (aujourd’hui : 18 ans).

Droit à une identité

Environ 25 % des naissances ne sont pas enregistrées à Madagascar, en particulier à la campagne, où les parents n’en comprennent pas la nécessité. Cette situation est préoccupante, dans la mesure où les enfants non enregistrés peuvent se voir refuser l’accès à divers services sociaux : ils ne pourront pas passer d’examens scolaires, leur accès aux services de soins sera très limité, les procédures face à la justice seront prolongées (car leur âge ne pourra être prouvé) et ils ne pourront pas voter à l’âge adulte.

Justice des mineurs

Le Gouvernement malgache réforme actuellement son système de justice des mineurs. Le Comité des Droits de l’Enfant, lors de son rapport final de 2003, s’était montré préoccupé par le nombre important de mineurs placés en détention, et surtout par les conditions très précaires et la violence régnant dans les prisons.

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2. Où s’adresser ?

Justice : L’Etat malgache a entrepris des efforts importants pour mettre ses lois nationales en conformité avec les textes internationaux de protection des droits de l’enfant ; néanmoins, l’application de ces lois est profondément lacunaire. Il est très difficile d’obtenir des mesures judiciaires en cas de violation des droits de l’enfant. Cette inapplication des lois est encore renforcée par l’importance du droit coutumier, qui est souvent contraire aux droits de l’enfant. Nous vous conseillons de vous adresser à un spécialiste (avocat), ou aux ONG actives à Madagascar pour obtenir de l’aide.

La Brigade des Moeurs et des Mineurs est compétente pour recevoir les dénonciations de violences et abus sexuels. N’hésitez pas à vous adresser à la police dans ces cas.

Déposer une plainte auprès du Comité africain des experts des droits et du bien-être de l’enfant : Madagascar a ratifié la Charte Africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Celle-ci comprend une procédure relative aux plaintes individuelles : il est donc possible pour un individu ou une ONG reconnus par un État membre d’adresser une plainte au Comité, afin que celui-ci entreprenne des investigations et, éventuellement, interpelle le pays concerné sur la problématique en question.

Contacter le bureau de l’Unicef à Madagascar: Bureau Unicef

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3. Agir pour les enfants

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